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Michèle bergère de Réotier

Pastoralisme vache tarine et la bergère Michèle Hagard.

27 juin 2016

MICHELE, BERGERE DE REOTIER

Il y a quelques jours encore, je ne connaissais pas Michèle Hagard. Ou plutôt si !

Depuis des années je croisais aux Moulinets, dans l’étroiture de la route vers Guillestre, une femme de fort belle allure, à la chevelure rousse, semblant toujours active. Demandant à mes amis Rotérolles qui était cette personne habitant ce hameau, j’obtenais invariablement la même réponse : «  Mais c’est LA bergère ! »

Jusqu’à la mise en chantier de ce dossier sur la vie pastorale, l’occasion ne m’avait pas été donnée d’aller plus loin. Sauf que j’avais appris qu’elle gardait l’été sur Réallon et qu’elle s’occupait aussi des chevaux que je voyais paître dans les environs.

Apprenant que nous cherchions de l’information sur un sujet qui lui est cher, elle a pris spontanément contact avec nous. Elle apporte une dimension différente à notre thème de recherche. Par ses chevaux, elle est bien un aspect de la vie pastorale, mais le plus important c’est elle même. Elle est « la » bergère professionnelle de Réotier où elle habite depuis prés de quinze ans. Discuter avec elle est enrichissant. Sa longue expérience, les évolutions dans son parcours, tant sur le plan géographique que dans son métier de bergère, nous permettent de mieux comprendre a vie pastorale, ici ou ailleurs. Le mieux est encore de la laisser s’exprimer sur sa vie de bergère.

Michèle Hagard bergére de Réotier à l’estive de Chargés (Réallon). (Ph.M.Hagard).

Michèle Hagard bergére de Réotier à l’estive de Chargés (Réallon). (Ph.M.Hagard).

 

«   Il ne faut pas chercher des racines familiales ou géographiques dans ma « vocation » de bergère. . Je suis née à Marseille, fille de flic. La carrière de mes parents  me fera vivre mon enfance à Digne et à Grasse. L’école ne me passionne pas ! C’est le moins qu’on puisse dire! Devenue ado je ne supporte plus mon cadre de vie confortable : je rue dans les brancards. Je ne supportais pas d’être enfermée et avais besoin de contact avec les animaux et la nature. Pour une future bergère aimant les chevaux, c’est peut être un signe ? Je finis par m’éloigner de ma famille et part dans l’Aveyron. Je travaille sur les marchés et vit en communauté avec d’autres jeunes comme moi. Nous sommes en 1980 : la rencontre avec un berger de brebis laitière va me mettre sur une « piste » que je ne quitterai plus. Ma première expérience se fera à Prapic. Nous garderons un troupeau de 1100 brebis au Saut du Laire. Expérience difficile en raison des conditions météo détestables, avec souvent de la grêle. Nous retournons passer l’hiver dans l’Aveyron mais au début de l’été 81 nous revoilà au Saut du Laire. Même chose en 82, mais là c’est un peu différent car dans mes bagages il y a mon fils âgé de…3 semaines ! Ma réflexion sur le métier se développe quand je rencontre le berger des vaches du Distroit. C’est aussi, pendant cet été, que je découvre depuis le sommet du Mourre Froid, qui ferme mon horizon au sud, les immenses pâturages de Chargés débouchant en bas sur les Gourniers de Réallon par le sévère défilé de Maillassore. J’ai je coup de foudre ! Je me dis : « C’est là que je veux être » ! Il me faudra vingt ans pour y arriver.

En  1983 je deviens bergère de vaches! Avec une copine je garde 125 vaches à Ristolas. Les conditions sont terribles. La cabane de la Roche Écroulée où nous sommes installées n’est autre que la cabane des cochons ! Pas de vitre, pas d’eau, pas de serrure, des lits pourris….le tout avec mon fils de un an. Merci les éleveurs ! La saison se passera quand même bien. Je commence à comprendre, qu’être bergère est plus compliqué qu’être berger. Les relations avec les employeurs ne sont pas toujours faciles à supporter.

En 1984, nouvelle expérience cette fois ci à Cëuse, toujours avec des vaches. Toujours le même inconfort. Cette fois ci j’ai hérité d’une caravane où il pleut dedans, sans moyens de chauffage, sans frigo et sans eau !

En 1985 je débarque à Vars, seule, à Peyrol, puis aux Couniets et au Vallon.

A Vars devant les Rochers de l’Eyssina. (Ph.M.Hagard).

A Vars devant les Rochers de l’Eyssina. (Ph.M.Hagard).

En 1986 je saute mon tour car ma petite fille n’a que trois mois. Cette même année m’a vu m’installer dans les Hautes Alpes, à Saint Clément. Déjà je lorgne vers Réotier où le soleil est beaucoup plus généreux. En 1987 je suis à nouveau bergère à Ristolas avec mes deux enfants. Je passe l’été dans le cirque du Viso et finit à l’automne prés de l’Echalp. En 1988  et 1989 je ne garderai pas et vivrai en Italie. Je reviens en 1990 et passerai deux belles saisons sur Risoul ; la suivante en Italie avec un seul éleveur à Rodoretto m’a laissé un bon souvenir. Pour la suite, de 1993 à 1999 je suis toujours bergères des vaches à Vars. Cette stabilité est un avantage illusoire, car une fois de plus, les conditions de vie quotidiennes sont très mauvaises. Des caravanes sans moyen de se réchauffer ou conserver les aliments, des problèmes d’eau potable…et des éleveurs du genre plutôt rustres. Il faut gérer deux troupeaux : les « réservées » d’un coté et les taureaux et vaches de l’autre.

En 2000 je débarque enfin à Réallon où je garde encore avec le plus grand plaisir. Je loge en début de saison au Bourget. Je garde dans quatre parcs 360 vaches dans les pâturages rive droite du torrent de Réallon. Travail de maintenance des clôtures, de surveillance des bêtes et de leur état sanitaire, apport de sel…Les races sont nombreuses et d’aptitudes très inégales dés que le terrain devient un peu alpin. Ainsi les lourdes Charolaises sont un peu dépassées dés qu’il y a de la pente au contraire des Tarines de moins en moins nombreuses. Les Salers, Aubrac et Abondance, assez agiles viennent compléter le tableau. En moyenne il vaut veiller à une quarantaine de veaux sous la mère. Le 14 juillet c’est la fête : on monte à Chargés. C’est un spectacle. Les onze éleveurs du groupement pastoral de Chargés sont là bien sûr mais il y a des amis, des parents, des touristes.

J’aime Chargés ! Mon impression ressentie au sommet du Mourre Froid se vérifie d’année en année. Je suis chez moi. Depuis 16 ans du début juin à mi octobre je suis une bergère heureuse. J’aime mon métier, j’aime ma montagne. Pour vivre ainsi il faut aimer la solitude et le silence. La vie en alpage m’a mise sur la voie de la sobriété heureuse. Ce n’est pas totalement nouveau pour moi : depuis l’âge de quinze ans je suis végétarienne. J’aime les animaux vivants. J’essaie de leur faire passer les meilleurs moments de leur vie.

Depuis 2002 aussi j’habite Réotier. La encore j’ai attendu avant de trouver ce que je désirais. Car je voulais vraiment m’y installer. J’y venais déjà un peu car mes enfants étant adeptes du cheval, j’avais acheté des chevaux et ils restaient aux Moulinets chez Germaine. Après avoir cherché à louer, l’occasion s’est présentée d’acheter la maison où je vis encore aux Moulinets. Il y avait beaucoup de travaux mais avec de la patience, beaucoup d’énergie et de travail « notre » maison nous offre le cadre de vie que nous aimons.

Voila ! La bergère de Réotier, bergère à Réallon trouve que la vie est belle quand on arrive un jour à mettre en phase ses envies et sa vie quotidienne. Les partager aujourd’hui avec Serge mon compagnon est encore plus appréciable. S’occuper des chevaux aux Moulinets, les déplacer sur la commune de Réotier, faire des balades avec eux, puis passer la belle saison à Réallon ou Chargés donne un charme simple mais très fort à notre vie. »

UNE SAISON ORDINAIRE DE LA BERGÈRE DE REOTIER

En début juin 2016, Michèle se prépare pour sa dix septième saison à Réallon. Dans une semaine elle quittera Les Moulinets pour s’installer dans son premier quartier d’été, une caravane prés du Bourget, rive droite du torrent de Réallon.  Il faudra préparer ou vérifier les quatre parcs qui accueilleront les vaches le 15 juin, premier temps fort de la saison d’estive. En camion, à pieds, sur remorques tirées part des tracteurs les onze éleveurs du groupement pastoral de Chargès amèneront leurs bêtes rejoindre celles de la vallée déjà en place. Du Champsaur, de Melve, Jarjaye, Chorges ou Caléyère ces vaches exotiques vont constituer avec les vaches indigènes, un troupeau de 360 têtes.

La Caravane du Bourget. (Ph.M.Hagard).
La Caravane du Bourget. (Ph.M.Hagard).

Elles se répartissent dans les parcs entre les Gourniers et la station. Une petite partie ira plus loin, aux Touisses, rive gauche du torrent de Reyssas. C’est un contrat MAE qui régit les pâturages et son respect conditionne les aides. Le but étant d’éviter le sur-pâturage et de respecter l’environnement. C’est le PNE qui veille à son application.

Ce troupeau est composé d’animaux assez différents :

A compter de ce jour l’emploi du temps de la bergère est plutôt régulier. Il faut se lever tôt pour être prête au lever du jour. La première tournée quotidienne des parcs commence. En deux jours tous les troupeaux sont visités sauf celui des Touisses, très éloigné qu’elle rejoint une fois par semaine. Elle possède un carnet par parc comportant l’identité précise de chaque animal. Une fois sur le terrain elle vérifie la présence et l’état sanitaire de chaque animal repéré par son numéro de travail à l’oreille. Au bout de quelques jours cette «  boucle d’oreilles » devient accessoire car Michele qui aime ses bêtes les a toutes individualisées…et parfois « baptisées » d’un nom. Elle vérifie le bon état des enclos et distribue le sel, réparti sur l’espace pâturé, posé sur des pierres, le plus prés des ruisseaux ou des points d’eau. Avant midi elle est de retour à la caravane où elle peut se reposer, lire, profiter de son environnement jusqu’à deuxième tournée quotidienne en fin d’après midi, jusqu’à la tombée de la nuit.

Séance de soins : piqûre et gouttes dans les yeux; (Ph.M.Hagard).

Séance de soins : piqûre et gouttes dans les yeux; (Ph.M.Hagard).

Le 13 juillet commence le deuxième temps fort de l’été : toutes les bêtes sont rassemblées dans un grand parc aux Gourniers pour la montée à l’alpage de Chargés. Bien sûr les éleveurs sont là.

Le 14 c’est le grand jour et la fête : dés 5h30 du matin par petits lots les vaches empruntent le délicat chemin dominant les gorges de Maillassore.

Sur le sentier escarpé dominant la gorge de Maillassore. (Ph.M.Hagard).
Sur le sentier escarpé dominant la gorge de Maillassore. (Ph.M.Hagard).

Curieux, amis, parents, touristes accompagnent cette transhumance. Après la traversée des Gourniers et le passage à la chapelle St Marcellin la civilisation n’est plus visible. Les escarpements de la Diablée, impressionnants de raideur et de complexité ferment le paysage. Paradis des chamois et des aigles.  Où Diable les vaches vont-elles pouvoir trouver  un pâturage pour l’été ? Ouf ! En traversant au dessus des Plainiers, le paysage s’ouvre à droite. A gauche part un petit sentier. Il franchit un gradin raide et amène à la cabane et aux pâturages de la Vieille Selle et de Serre Reyna. C’est le domaine des moutons qui sont arrivés avant. Le berger est le plus proche voisin de Michèle…mais ils ne se voient pratiquement jamais. Les moutons et les vaches n’appartiennent pas au même monde !

Après la traversée du torrent de Serre Reyna  on arrive rapidement à la cabane du Pré d’Antoni (1850) porte de l’immense cirque de Chargés qui s’ouvre au dessus. A nouveau les bêtes vont se séparer : un troupeau va partir au sud sur les prés de la Selle au pied du Piarra, un autre va continuer au fond du cirque devenu paisible dans la combe de la Règue sur les replats des Curates tandis que le dernier, passant à la cabane de Chargés (2206) passera l’été sur les pentes et replats de Chargés et de la Confrérie. Michèle retrouve sa résidence d’été. Un héliportage annuel a déjà apporté du matériel, du sel, un approvisionnent de denrées non périssable et quelques effets.

Avec des éleveurs sur le toit de la cabane regardant vers la Selle. (Ph.M.Hagard).       Cabane de Chargès. (Ph.M.Hagard).
  • Avec des éleveurs sur le toit de la cabane regardant vers la Selle. (Ph.M.Hagard).
  • Cabane de Chargès. (Ph.M.Hagard).

Tourner la clé dans la serrure et pousser la porte reste toujours un moment d’émotion.

Après la prise de contact et de possession des lieux, c’est la fête autour de la cabane. On pique nique, on boit, on chante ; on parle beaucoup ! Quand l’après midi s’achève Michèle et son chien commencent…je dirais enfin, leur cure de solitude pour deux mois. C’est le bonheur de se retrouver là. Surtout que Serge partage l’essentiel du temps. Avec les chevaux il assure les allers retours fréquents pour ravitailler la cabane et s’occuper de la maison et du jardin de Réotier. Il est précieux ! Assurant le lien avec la famille.

C’est la fête : Serge ramène des légumes frais. (Ph.M.Hagard).
C’est la fête : Serge ramène des légumes frais. (Ph.M.Hagard).

On ne peut pas dire que la cabane de Chargés soit belle. C’est un rectangle de pierre et de ciment enterré dans la pente, avec un toit à peine incliné prolongeant presque le profil de la pente au dessus pour servir de tremplin aux grosses avalanches qui presque chaque hiver passent sur la cabane. Contre leur souffle c’est un peu la guerre de tranchées. Rien ne doit dépasser ! Une longue façade sud avec deux portes et trois fenêtres donnant sur la terrasse, véritable lieu de vie le jour, avec le soleil. Car l’intérieur, même propret et bien agencé est un peu frais, humide et sombre. Le modernisme se réduit à la présence des panneaux solaires, précieux pour l’éclairage. Une cuisine basique avec un poêle, une chambre tel est le palais de Michèle et Serge. Une autre porte ouvre sur une pièce « technique » pour le stockage de denrées et de matériel. Parfois un petit veau y est mis à l’abri.

Ce n’était pas prévu ! Les naissances à l’alpage compliquent le travail de la bergère. Repos avant le grand départ…dans la réserve de la cabane.(Ph.M.Hagard).       Serge embarque le nouveau né pour le long voyage vers les Gourniers. (Ph.M.Hagard).      Taxi de montagne ou solidarité ? (Ph.M.Hagard).
  • Ce n’était pas prévu ! Les naissances à l’alpage compliquent le travail de la bergère. Repos avant le grand départ…dans la réserve de la cabane.(Ph.M.Hagard).
  • Serge embarque le nouveau né pour le long voyage vers les Gourniers. (Ph.M.Hagard).
  • Taxi de montagne ou solidarité ? (Ph.M.Hagard).

L’emploi du temps régulier recommence pour faire le tour des troupeaux. Comme en bas, mais ici il n’y a pas de parc. Les bêtes ont leur « quartier ». Les pentes trop raides de la Diablée (2928), du Mourre Froid (2993) ou de la Pointe de Serre (2909) sont des limites naturelles fortes. Pas d’échappatoires vers d’autres lieux qui pourraient les tenter ! Un seul point faible, et encore, à la Selle où les vaches pourraient tenter l’aventure vers le Laus.

Aux Curates face à la Vieille Selle. (Ph.M.Hagard).

Aux Curates face à la Vieille Selle. (Ph.M.Hagard).

L’été s’écoule, en général magnifique et pacifique. Michèle et Serge sont bien. Les vaches sont bien. Puisque Serge descend chaque semaine, Michèle reste là tout l’été, ne prenant pas son jour de congé hebdomadaire. Physiquement c’est parfois éprouvant car il y a beaucoup de distance et de dénivelé pour faire le tour du royaume et assurer la sécurité de ses « sujets ».Certains jours c’est dix heures de marche qu’il faut encaisser ! Mais tout se passe bien même si la pluie complique un peu les tournées. Le danger c’est l’orage ou la neige.

Premier coup de blanc sur la Pointe de Serre. (Ph.M.Hagard).

Premier coup de blanc sur la Pointe de Serre. (Ph.M.Hagard).

C’est dans ces circonstances que des bêtes peuvent être blessées, se dérocher ou être foudroyées.  Pas d’accident les années fastes mais deux à quatre vaches en moyenne sont victime du mauvais sort …ou de la bêtise humaine, avec des chiens qui affolent le troupeau dans les prés de début ou fin de saison à proximité des routes ou de la station.

Les éleveurs montent peu, sauf incident pour faire des soins ou descendre des vaches prêtes à vêler. L’état sanitaire est satisfaisant ; les soins pour le « gros pied » qui guérit bien sont les plus fréquents. C’est par liaison radio que Michèle contacte les éleveurs.

Une visite réjouit particulièrement Michèle, celle de Florian son fils qui une fois par saison arrive par la montagne directement depuis Réotier par Couleau. Il faut franchir plusieurs cols ou sommets : il faut avoir la forme et c’est un bel effort. Une telle visite a du sens !

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas forcement. En haute saison la fréquentation touristique peut être forte. Elle voit défiler alors de nombreux randonneurs. Ils viennent souvent à sa rencontre et cherchent à discuter, posant toujours les mêmes questions. Aimables conversations certes mais qui finissent par « saoûler » à force de se répéter. De temps à autre c’est le garde du PNE qui lui rend visite. Au contraire il y a parfois des moments de solitude totale des jours durant. C’est le bonheur sans partage ! Quand Michèle commence à lorgner vers le sentier au bas du vallon, c’est la fin de saison. Le besoin de revoir un peu de civilisation.

Troisième temps fort le 13 septembre, en principe .L’important est d’être en bas avant les premières chutes de neige. Se faire surprendre la haut peut être douloureux ou même dramatique. Quand les bêtes ont faim, elles prennent des risques sur les pentes les plus escarpées moins recouvertes de neige.

 


L’hiver avant l’heure. (Ph.M.Hagard).
Les éleveurs reviennent, on range le matériel pour l’hiver, on vidange la cabane et Michèle ferme la porte à clé jusqu’à l’été suivant.   Le cortège des bêtes et des hommes reprend le chemin de la vallée, mais ce n’est pas vraiment la fête. Michèle va retrouver sa caravane du Bourget et les vaches leur parc.
C’est à nouveau l’emploi du temps de printemps mais avec un paysage nouveau, toujours plus lumineux et coloré  avec les feux de l’automne dans les feuillages. La saison s’achève vers le 15 octobre, parfois une semaine plus tard. C’est le temps des foires d’autrefois. En trois ou quatre jours les éleveurs récupèrent leurs bêtes. Dépaysée, Michèle se retrouve aux Moulinets et retrouve vite ses marques dans sa maison plus confortable et ces lieux qu’elle aime aussi.